En savoir plus sur ce qui se passe en Basse-Kotto : Un rapport du Diocèse d’Alindao

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C’est un document important pour comprendre le drame qui se déroule à Alindao et plus largement dans la Basse-Kotto : en saisir les raisons aussi bien profondes qu’immédiates, comprendre les enchaînements, prendre connaissance de faits précis, comme des meurtres, des tueries, des incendies. Le rapport comprend aussi des pistes de solution, que nos autorités seraient bien inspirées de traiter avec sérieux. 

Le rapport fait aussi le point des besoins des populations :

EXTRAITS

Sur le plan alimentaire : Il ya un sévère manque de vivres (nécessité d’une distribution de riz, d’huile, du sucre, de la sardine, etc.). En effet, ce conflit a davantage révélé les limites de la culture du vivre au jour le jour sans une réserve pour le lendemain. Tous ces déplacés ne vivent que de leurs produits champêtres et de la cueillette qui est la caractéristique des hommes de notre région. Et comme le contexte sécuritaire actuel est de plus en plus défavorable à la réalisation de leurs activités quotidiennes, la famine leur ouvre ses portes. Pressentant ce danger, l’Eglise ne se laisse pas seulement s’émouvoir sur le sort des hommes ; elle agit en partageant de sa pauvreté. C’est dans cette perspective que le diocèse, par le biais de la Caritas (appuyé par la Caritas américaine, CRS), est intervenu en distribuant quelques petits biens aux déplacés présents sur son site, en attendant d’autres aides extérieures.

Habitat et logement. Il faut tout d’abord noter que les personnes déplacées ont beaucoup perdu des biens nécessaires à l’établissement d’un logement décent. Si certains sont partis précipitamment sous le feu des événements laissant tout, d’autres ont vu leurs maisons brûlées. Ainsi, une aide adéquate à ces derniers pourrait être réalisée en deux phases : D’abord il est très urgent de leur fournir actuellement des bâches, des nattes, des couvertures, des moustiquaires etc. pour leur permettre de se mettre à l’abri des intempéries (pluies, chaleur caniculaire etc…) car les cases de fortune construites à la hâte pour la circonstance expose à plusieurs dangers aux conséquences sanitaires probablement graves d’ici peu. La saison pluvieuse qui a déjà débuté ici, va nous rendre la tâche difficile et aura des répercussions graves sur le plan sanitaire si nous n’arrivons pas à offrir à temps des kits d’habitation décents à tous ces déplacés. Ensuite, une action à court, à moyen et à long terme pourra penser à une aide à la reconstruction des maisons détruites tant les réalités sont aussi dramatiques que critiques à cause de la misère qui rongeait bien déjà la population avant cette crise.

Sur le plan sanitaire : En dépit de l’intervention de l’ONG CORDAID à travers des soins ciblés, l’essentiel reste à faire. Car, il faut qu’il ait une équipe qualifiée du personnel soignant pour œuvrer en permanence sur le site. Et si on peut aider aussi la CODIS (Coordination Diocésaine de la Santé) à avoir une ambulance pour accroître sa capacité d’action du “Bon Samaritain” auprès des déplacés, ce serait une bonne chose pour nos déplacés. Après ce traumatisme subi, beaucoup d’enfants et de femmes présents sur le site ont besoin d’une assistance morale par le biais d’un psychologue.

Par manque de moyens financiers, toutes les conditions hygiéniques ne sont pas encore réunies sur le site. On ne dispose pas encore de latrines, de toilettes appropriées et de points d’eau pouvant suffire à tous ces déplacés.

Sur le plan sécuritaire : Une unité des forces onusiennes s’est déployée sur le site depuis le Mardi 10 Mai 2017. Pour faciliter le travail de reconnaissance des intrus dangereux qui pénètrent dans le site, la Caritas diocésaine a mis en place un groupe de jeunes pour travailler en collaboration avec les éléments de la MINUSCA. La prise en charge de ces jeunes (qui assurent aussi la surveillance sur le site jour et nuit) est aux frais de la Caritas. Nous souhaitons vivement que le dispositif sécuritaire de la Minusca soit renforcé au niveau des sites, et la sécurisation des civils dans la ville passe entièrement aux mains des forces armées centrafricaines (FACA). Ceci redonnera très rapidement la confiance à la population qui aspire à un retour imminent à la vie normale.

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